Vidéo 2 : Les Trashmouths à la recherche d’un Job à Melbourne

Deux semaines maintenant que nous avons posé les pieds sur le sol Australien. Je pense donc qu’il est temps de dresser un premier bilan.

Pour faire suite au précédent article, notre adaptation au décalage horaire fut bien plus difficile que prévu. Certes le fait d’être debout aux aurores nous permettait de remplir nos journées et de partir à la découverte de la ville mais il était très difficile pour nous de rester éveillé après 20h les premiers jours. C’est la mine déconfite que nous montions tel des zombies les marches nous menant à notre dortoir accompagnés par les puissantes basses de la musique électronique dégagées par le bar de l’auberge de jeunesse où l’ambiance bâtait son plein. Il va sans dire que nous étions les premiers du dortoir à nous coucher. Dans ce genre d’endroit les dortoirs sont toujours divisés en deux groupes, les « tôts » et les « tards » (levés et couchés). Toute ma vie je me suis considéré comme un tard, jetant sur les tôts un regard d’incompréhension. C’est la larme à l’oeil que je m’endormais toutes ces nuits, conscient d’avoir changé de camp… Je me rassurais tant bien que mal en me disant que, de toute façon, le dancefloor n’était rempli que d’hystériques, maquillées à la truelle, rivalisant sans mal en vulgarité avec les femmes de joie du boulevard des Belges.

 

Poliakov les trashmouths

Un autre facteur nous poussant à nous montrer des plus raisonnables quant à nos sorties fut tout simplement le coût de la vie, nourriture et alcool en particulier. En débarquant en Australie nous nous sommes retrouvés dans la peau d’un allemand subissant de plein fouet l’inflation des années 20. La solution la plus viable économiquement s’avérant être le bon vieux cubi de pinard, appelé dans le milieu du backpacker le « Goon » (rapport avec les Goonies ?) Nous passâmes alors nos premières soirées sur la plage avec quelques allemands et italiens  rencontrés à l’auberge laissant tranquillement le goon prendre possession de nos esprits tout en échangeant un peu de nos cultures respectives.

 

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Le peu de sorties que nous nous autorisions nous offrait donc de longues journées, dont certaines furent passées entièrement à la plage (bah ouais, c’est l’été ici.) Le temps de nous apercevoir qu’à température égale, le soleil australien est bien plus violent que le français (trou dans la couche d’ozone parait-il). Je regrette encore aujourd’hui de ne pas avoir acheté de chapeau plus tôt. Mon crâne peu protégé par une densité capillaire disons… faible, s’est rapidement transformé en crâne de lépreux, ou de serpent en mue, les deux images étant assez fidèles à la réalité. Nous payons également cash et en un temps record la moindre parcelle de peau non protégée par la crème solaire. Notre négligence entraine bien malgré nous l’apparition de fascinant dessins sur nos corps, s’apparentant à une nouvelle forme d’art abstrait. Ou bien à une vilaine maladie de peau. Le fait est qu’on a pas l’air très malin quand on a posé sa main dix minutes sur le ventre et que l’on se retrouve avec la marque des doigts inscrite tel un tatouage pour une bonne semaine.

 

En parlant de tatouage, le peuple australien est le plus tatoué qu’il m’est été donné de rencontrer. Après une rapide analyse j’en suis venu à la conclusion qu’il fallait voir là, chez le mâle, un acte « viril » visant à contrebalancer le fait qu’ils s’épilent absolument tous le torse et les aisselles. Voir autant de tatouages commence d’ailleurs à nous donner des idées à Arthur et moi, aussi si vous avez des suggestions, n’hésitez pas à nous les transmettre dans les commentaires, ou dans la section challenge.

The dick bistro les trashmouths

Un petit élément maintenant auquel on pense peu, le sens de la circulation. S’il parait évident qu’il entraine un temps d’adaptation en conduite il est aussi très important pour un piéton. Vingt quatre ans de conditionnement social nous apprenant à regarder à gauche en premier avant de traverser faillir nous coûter la vie les premiers jours. Toujours hésitant après une semaines je n’ai pas trouvé d’autre méthode au moment de traverser que de regarder frénétiquement de chaque côté, comme un possédé, terrifié à l’idée qu’une voiture puisse surgir de n’importe où et me faucher.

 

Assez déconné à présent avec les anecdotes et parlons logistique. Nous nous sommes vite rendu compte avec Arthur que l’hébergement en auberge de jeunesse n’était pas la solution la plus pérenne économiquement parlant. Cette considération ne nous ai bien sur apparu qu’à deux jours de la fin de notre réservation en auberge qui s’avérait être complète par la suite. Deux jours donc pour trouver une colloc’ sous peine de devoir dormir sur la plage. Un après midi de recherche d’annonces sur internet, deux visites le lendemain, emménagement le surlendemain avec un couple de brésilien et une russe. Voilà, c’est aussi simple que ça. Etape suivante, trouver un job, histoire de vivre une première expérience « d’intégration totale » en Australie (et surtout financer notre loyer et nos sorties…)

 

Les trasmouths appart

Le lendemain de l’emménagement nous voilà donc dans la rue à frapper à la porte de tous les restaurants du quartier, nos CV et notre anglais bancale sous le bras. C’est à ce moment précis qu’intervient ce que nos amis bouddhistes appellent le karma. J’obtiens dès cette première journée un essai le soir même en tant que « kitchen hand » dans un petit restaurant – je n’ai jamais foutu les pieds jusqu’à présent dans une cuisine de restaurant et c’est à peine si j’ose entrer dans ma propre cuisine. L’essai, par miracle, se passe bien et je suis engagé. Voilà, deux jours, colloc’ et job trouvé. C’est plié. Enfin pas pour tout le monde… A l’heure où j’écris ces lignes – 6 jours après mon embauche – Arthur n’a toujours pas trouvé de boulot malgré des jours entiers à déposer des CV. Le karma. Je me dis qu’il a très certainement du commettre d’innommables méfaits dans une précédente vie parce qu’après tout il aurait très bien pu pousser les porte de mon restaurant à ma place… Pour ceux qui connaissent un minimum Arthur et son hyperactivité je vous laisse imaginer l’état dans lequel il se trouve dans ce rôle inattendu « d’homme au foyer » me voyant ramener l’argent tous les soirs.

 

Il faudra donc prendre une décision si la situation s’éternise afin de ne pas voir sa santé mentale rapidement se dégrader. L’Eldorado du fruit picking un peu au nord et ses emplois à profusion (enfin c’est la légende) nous tend les bras. J’avoue aussi que je ne compte pas m’éterniser en cuisine bien que je m’entende extrêmement bien avec mon chef et le pizzaiolo – un grec nommé Yani. Je ressens déjà un besoin de bouger, d’aller découvrir d’autres choses avec la peur en même temps que la certitude de ne pouvoir tout découvrir de ce pays en un an. A moins qu’Arthur ne parte seul dans le nord et que je le rejoigne plus tard, le temps pour moi d’avoir fait le tour de la question.

 

Mais ça, ce sera pour un prochain bilan. En attendant, vidéo –> Si tu aimes cet article, tu peux le partager sur Facebook via ce lien : PARTAGER L’ARTICLE

Merry Xmas.

 

Berzhal

 

 

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