Video 5 – La Great Ocean Road

Un mois s’est écoulé déjà depuis le dernier article relatant nos aventures sur notre voyage en Australie (j’espère d’ailleurs que les vidéos postées pour vous faire patienter vous ont plu). C’est long, je sais,  je vais donc tacher de combler cette attente en associant à cet article un nouvel album photo ainsi qu’un montage type « zapping », histoire de faire les choses en grand. Je vous conseille fortement de ne pas céder à la tentation de vous passer de l’article pour vous ruer sur les photos et le montage, on ne sait jamais je vais peut-être me permettre deux-trois envolées lyriques de derrière les fagots. Et puis la lecture se perd parait-il, alors merde un peu d’effort !

Je vous avez donc laissé dans la peau d’un kitchen hand de talent pendant qu’Arthur cherchait du boulot. Je vais couper court à tout suspense, il n’en a jamais trouvé et a combattu courageusement la folie en développant des projets personnels sur le web pendant que je faisais polir des assiettes et que je coupais des champignons. Les trois semaines passé en cuisine ont été très agréable bien que sur le papier, le poste n’ait rien de plaisant ou passionnant. J’ai vraiment eu l’impression de m’intégrer à la vie australienne aux contacts de mes collègues, en particulier Nathan, le chef dont je connais maintenant un pan important de la vie sentimentale. La pratique de la langue de Shakespeare (quoique j’ai entendu certains australiens qui, à leur accent, semblaient inventer une nouvelle langue), la modestie et la difficulté du boulot, cela fait parti du « projet », nous maintient sur terre au cas où nous avions eu la tentation d’un peu trop nous envoler.

les trashmouths bois

Le feu d’artifice du jour de l’an par contre nous a bien fait décoller. Je ne vais pas vous mentir j’ai vu des feux d’artifices bien plus impressionnant mais jamais dans un contexte aussi mémorable. Jour de l’an, t-shirt, barbeuc’ au bord du Yarra (leur Seine à eux) entouré de centaines de gens une bière à la main. Un décompte se lance, je ne sais pas trop sur quoi il se base mais je le suis. Et à zéro c’est l’illumination, des feux d’artifices qui surgissent derrière les grattes ciels, éclairant de milles couleurs ce lourd ciel d’été. J’aimerai vous raconter la suite de notre réveillons mais les souvenirs me manquent hormis celui d’une tentative de baignade dans l’océan au levé du jour, une première pour un jour de l’an. Malheureusement la plage est balayée par le vent, le ciel bouché par les nuages et la température de l’eau vous rappelle que même en été le continent là bas au loin s’appelle l’Antarctique.

 

Après un mois passer à Melbourne, nous avons fixé notre date départ sur les routes australiennes pour le 7 Janvier.

rouler gauche trashmouths

La première étape du voyage, c’est bien sûr d’acheter un van. S’il y a un truc que nous maitrisons encore moins que le fonctionnement d’une bagnole, c’est son vocabulaire technique, qui plus est en anglais. Aussi, lorsque nous sommes tombés sur une annonce de français nous nous sommes instinctivement dit que c’était la bonne. Encore une fois, une seule visite, un retrait de 4200 dollars – tout de même – et c’est dans la poche. Tout semble extrêmement simple dans ce pays. A l’exception des différentes assurances et enregistrement du véhicule dans lesquelles on peut facilement se perdre et qui vont nous coûter 1000 dollars supplémentaires. Mais si le van ne nous claque pas entre les doigts, on peut dire que l’on a fait une très bonne affaire.

 

« Pour atteindre la liberté il convient de sacrifier son confort » (Pierre Lhuillery, 2013)

 

Nous quittons donc notre confortable collocation pour la vie sur la route avec pour seul abri la Trashmobile. Fini internet et sanitaires en libre accès. Nous n’avons cependant pas trop à nous plaindre tant la Trashmobile dispose d’un équipement de compét’. Un lit « King Size » confortable, des rangements divers et variés, une gazinière, des couverts, etc…

Les toilettes sur la côte australienne que nous longeons ne sont pas compliquées à trouver et nous remarquons au passage que les australiens ne déconnent pas quand il est question d’installation publique. Comme dirait un bon franchouillard « au moins on sait ou vont nos impôts ».

Paysage Trashmouths

Pour les douches en revanche, c’est un peu la galère. Lorsque nous trouvons le courage (ou que nous sommes trop sales) nous affrontons la douche de plage, glacée et balayée par les vents côtiers. J’ai toujours été frileux et j’ai toute ma vie été un adepte des douches longues et chaudes – au grand dam de mes parents qui derrière des considérations écologiques pensaient surtout à leur facture d’eau. Ces douches représentaient donc un défi immense que la perspective du temps gagné dans ma vie par leur brève durée ne suffisait pas à me rendre plus agréable. Notre fréquence de douche s’en est donc trouvé diminué mais nous n’avons pas jusqu’à maintenant observé une détérioration globale de notre hygiène ou de notre santé, rassurez vous. Lorsqu’on le sent bien, on se permet « d’emprunter » les douches du camping local histoire de se remémorer le plaisir simple d’une douche chaude. Le plus important étant de s’y présenter avec l’assurance de celui qui paye sa nuit et d’espérer que quelqu’un en sortira avant que notre attente devienne suspect (les sanitaires sont souvent protégées par un code).

Bonne année 2013 - Les Trashmouths

Pour nos nuits, même si le camping sauvage n’est en principe pas autorisé, il est largement toléré et est devenu un sport national pour les backpackers. Il permet de découvrir des endroits magnifiques où l’on peut profiter dans une absolue solitude d’un coucher de soleil aux couleurs irréelles sur un paysage qui ne l’est pas moins. De tels plaisirs visuels valent bien quelques douches froides (en plus de l’économie non négligeable que représente notre hébergement gratuit). Il réserve aussi de drôles de « rencontres ». Alors que nous étions tranquillement prêt à nous coucher à l’arrière de notre van garé sur un parking nous avons soudain été victime d’un séisme d’un magnitude qui ferait passer le « Big One » pour une caresse. Très vite nous avons réalisé que le van venait d’être secoué par quelques énergumènes. Après s’être regardé, incrédules, nous prenons silencieusement la décision de nous manifester et de, pourquoi pas, corriger les inconscients. En regardant par la fenêtre nous voyons plusieurs dizaines de jeunes imbibés d’alcool s’éloignant déjà du parking. Réalisant notre importante infériorité numérique, notre vendetta perdait bizarrement tout intérêt à nos yeux…

Great ocean road trashmouths

 

IMG_0594

Le début de notre périple commence sur la Great Ocean Road, une des routes côtières les plus célèbre d’Australie, longue de 250 km, célèbre pour ses spots de surf et son érosion qui fait penser à certains endroits de notre chère côte normande (sauf qu’ici il fait plus de 30 degrés tous les jours). Je ne vais pas m’attarder là-dessus, la description des paysages et activités touristiques n’étant pas mon truc, de plus je pense que les photos seront bien plus parlantes. C’est avec plaisir cependant que je peux vous relater nos exploits de surf. C’est très excités que nous nous sommes rendu à notre leçon de deux heure à 65 dollars (oui c’était au début, nous étions les poches pleines de dollars et la tête pleines de rêves). Le prof de surf commence par se vouloir rassurant « Pour ceux que ça inquiète, je n’ai vu qu’un requin dans le coin en quinze ans ». Il ne précise cependant pas si la rencontre datait d’hier. J’avoue que je ris jaune sur le coup et je me dis que j’aurai préféré que le sujet reste tabou (à en juger par le regard d’Arthur que je croise je ne suis pas le seul). Nous nous mettons cependant sans crainte à l’eau tant il y a de monde aujourd’hui, donc autant de proies potentielles pour un requin qui aurait la mauvaise idée de se pointer, ce qui diminue naturellement les chances qu’il me choisisse. Les vagues sont parfaites pour les débutant et après quelques belles chutes nous arrivons finalement à nous lever et à prendre quelques waves. Cependant toutes tentatives pour prendre ces dernières de côté comme les pros se résultent par un échec. La Gopro® attendra donc un peu d’entrainement avant d’immortaliser notre technique qui ne respire pour l’instant pas l’assurance. Dans l’après midi nous investissons tout de même 650 dollars dans une planche de surf et deux combinaisons, preuves que nous avons suffisamment confiance en nos talents (ou que nous nous sommes fait aveugler par l’industrie du surf, au choix).

kangourous trashmouths

koala trashmouths

L’autre grande découverte de cette première semaine de route est définitivement la faune australienne. Je me souviendrai toujours de notre première rencontre avec un kangourou. C’était le soir de notre premier jour sur la route et nous cherchions notre premier lieu de camping sauvage (un moment déjà chargé d’émotions donc). En sortant d’un virage au bout d’une route en terre complètement perdue nous sommes tombé nez à nez avec lui, planté au milieu de la route. Aussi étonnés les uns que les autres nous sommes tous les trois restés immobiles, silencieux. Profitant de ce moment de confusion, je tentais de rentrer en communication télépathique avec l’animal « nous ne te voulons aucun mal ». Manifestement j’ai du me planter quelque part puisqu’il a aussitôt déguerpi, bondissant avec une grâce et une maitrise saisissante. Comme on dit « ce fût court mais intense ». Par la suite nous avons pu en rencontrer des dizaines, la plupart certes écrasés sur le bord de la route mais aussi des bien vivants comme ce groupe de plusieurs dizaines d’individus venus profiter sur une immense pelouse de l’arrosage automatique. Le tout, bien sûr, avec un coucher de soleil en fond sinon ce serait tout nul. Un petit walibi nous a même laissé l’approcher à moins d’un mètre pendant qu’il s’abreuvait, preuve qu’un contact est possible. L’autre animal emblème de l’Australie est bien sûr le koala qu’il est plus difficile d’observer, ce dernier ne descendant jamais de son arbre sur lequel il fait preuve d’un sens de l’équilibre remarquable. Perché à dix mètres de haut, il peut se taper sa sieste tranquille en laissant dépasser un bon tiers de son corps de chaque côté de la branche avec la tranquillité que l’on ressent seul au milieu d’un lit king size. Malheureusement leurs lieux de résidence sont souvent connus de tous, ce qui engendre une grande concentration de touristes et rend la chose moins sympathique. Surtout quand une touriste se met à gueuler sur l’animal pour qu’il s’active. Je rêve alors de la balancer sur la branche, voir si il lui prend l’envie d’être active tout là haut. Sinon pas encore de serpents vu de près, seulement deux spécimens aperçus d’assez loin (qu’ils y restent). Pas plus de requins bien sûr, même si nous venons de lire dans le journal qu’un grand blanc avait attaqué une embarcation au large de l’endroit où nous nous baignions il y a une semaine, proche de la plage où l’on ne croise « qu’un requin tous les quinze ans »…

Kangourous herbes trashmouths

Maintenant que l’on a bien profité de la plage et surtout que nos comptes s’approchent dangereusement du rouge, il nous faut gagner le nord de l’Etat de Victoria. Une petite semaine pour rejoindre Mildura et ses innombrables fermes dans lesquelles nous comptons bien proposer nos services pour tout type d’emploi, cueillette, réparation, conduite de tracteur voir gestion totale de la ferme, on ne sait jamais Arthur a fait commerce après tout.

 

A tout bientôt.

 

Berzhal


lien direct de la vidéo : https://vimeo.com/59123616

P.S : je salue au passage Chantal et Patrick, fort sympathique couple franco-suisses traversant le monde à vélo, voici leur blog : http://lalibertederrance.blogspot.com.au/

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6 Responses to Video 5 – La Great Ocean Road

  1. bravo les gars

  2. le premier était un essai pour voir. je disais donc: bravo les gars, vous avez au moins appris que dans vos conditions, on ne pouvait pas se doucher tous les jours et vous constatez que l’on peut quand même vivre. ça change de notre petite vie confortable française avec tout le confort.Arthur, tu peux voir comment je vis lorsque je parts, il faut une bonne part de débrouille, pour se doucher, trouver l’endroit où garer le véhicule etc. tu peux aussi essayer le mec perdu qui demande des renseignements sans comprendre la langue du pays et qi a faim. C’est aussi un bon moyen pour se faire inviter et entrer en contacte avec les gens du pays et entrer chez eux. Tu me diras.

    • Ahaha !!
      Alors là, je comprends mieux le style de vie que tu as pu avoir pendant les voyages 😉
      C’est très amusant car on voit des améliorations, des techniques et une organisation se mettre peu à peu dans l’aventure. Le confort, on va le mettre de coté cette année et ça nous permet de redécouvrir les plaisirs simples…
      Et pour le concept de se faire inviter à manger ? On a pas encore tenté mais pourquoi pas, je te tiens au courant (merci du conseil)

  3. Bravo pour le style du commentaire sur « la Great Ocean Road ».
    Pour le caméraman : mon cher Arthur, j’ai beaucoup aimé le passage du film avec Skippy (le kangourou !).
    Profitez bien des paysages, ça a l’air effectivement superbe.
    A bientôt !

  4. wow le paysage est magnifique, vraiment magnifique plage ici

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